Dark Side of Myself

By Saturnin

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Tarvisio – Heiligenblut, premiers tours de roues en Autriche

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Ce matin, le soleil a fait son retour, ce qui n'était pas gagné vu la pluie qui tombait hier soir encore. En conséquence, le départ se fait à la fraiche, d'autant plus que les premiers kilomètres sont descendants, une fois passé la petite bosse à la sortie de Tarvisio. Une longue descente en faux-plat nous emmène jusque Pontebba. Là nous marquons une petite pause pour retirer quelques épaisseurs en vue de la montée qui nous attend, le Nassfeldpass qui marque la frontière entre l'Autriche et l'Italie. Les cols italiens, on commence à connaitre, on sait que l'on va chauffer avec les forts pourcentages.

Comme on s'y attendait, c'est raide. Chacun grimpe à sa main. Le bas de la montée est assez encaissé et donc ombragé. Surprise, il y a un feu tricolore dans la montée. Je suis avec Patrick et Pascal, et nous l'avons au rouge. Nous repartons pour passer le tunnel en épingle à cheveu. Ce n'est jamais évident, même si en montée nos yeux ont plus le temps de s'acclimater à l'obscurité. A faible vitesse, il y a aussi un problème d'équilibre. J'accélère pour sortir au plus vite, Pascal me dira après coup qu'il a cru que j'allais finir par percuter la paroi du tunnel.

Le tunnel en épingle de la montée italienne du Nassfeldpass
Le tunnel en épingle de la montée italienne du Nassfeldpass

A l'approche du sommet, la vallée s'évase et les rochers cèdent place aux alpages et aux conifères. Après quelques belles épingles, la pente se radoucit. Je devine le sommet assez proche. Je viens de me faire rejoindre par un cyclo, je fais l'effort de m'accrocher pour le final beaucoup plus roulant.

Nous faisons la pause pour nous regrouper vers le magnifique lac du sommet. Nous sommes à la frontière et allons quitter l'Italie pour 48h pendant lesquelles nous roulerons en Autriche. Dès le début de la descente, on sent que l'on a changé de pays, la route est bien meilleure, pas de fissure ou d'irrégularité dans le revêtement. Enfin, une descente reposante, même si les nombreux virages demandent quand même de l'attention.

Le sommet du Nassfeldpass
Le sommet du Nassfeldpass

La descente sinueuse versant autrichien
La descente sinueuse versant autrichien

Après avoir suivi le réseau secondaire, nous rejoignons une route plus passante dans la vallée. Nous nous mettons en file indienne derrière Pascal. Nous sommes sur le parcours de RAA qu'il a faite l'an dernier.

L'étape est loin d'être finie, mais avant la dernière montée, nous n'avons pas beaucoup de difficultés à franchir. La première sera le Gailbergsattel, après ce que nous avons passé depuis le départ, ça ressemble plus à une longue côte. Nous en profitons pour faire notre pause méridienne au sommet.

Tous bien abrités dans la roue de Pascal
Tous bien abrités dans la roue de Pascal

Arrivé dans la vallée suivante, nous avons à nouveau quelques kilomètres de plat avant une nouvelle bosse, l'Iselsbergpass. Là encore, ça ressemble plus à une grosse bosse, même s'il est un peu plus raide et un peu plus long que le Gailbergsattel. Le final, plus facile, se fait avec le vent de face, il semble forcir au fil de la journée.

Interlude autrichien
Interlude autrichien

Le final de l'approche d'Heiligenblut
Le final de l'approche d'Heiligenblut

Du coup, dans la vallée suivante, nous sommes en file indienne dans la roue de Pascal. Il y a un peu plus de 15km à faire pour rejoindre le pied de la montée du Hochtor, mais ça semble long. Cette étape est la plus longue de notre voyage pour l'instant. Dès les premières pentes un peu plus fortes, Pascal a décollé à son allure. Je me retrouve devant le groupe. J'essaye de faire gaffe pour garder du monde dans ma roue, au moins jusque l'épingle que l'on aperçoit au loin. Une fois que nous serons là-bas, le vent sera favorable. Vanessa qui est dans ma roue me dit de rouler à mon allure, ce que je ferais après avoir passé l'épingle à l'entrée d'Heiligenblut.

C'est vraiment là que les fortes pentes commencent. Le vent se fait moins présent avec l'altitude. Il y a des bons pourcentages dans cette montée, mais aussi des accalmies qui permettent de récupérer un peu. Les jambes sont lourdes pour tout le monde dans ce final. Il y a de moins en moins de maison au bord de la route, je me demande où Pascal nous a déniché l'hébergement. Une dernière épingle et j'aperçois le péage. Notre gite est juste au-dessus, sur la droite de la route.

Nous gravissons le Hochtor dans l'indifférence de la faune locale
Nous gravissons le Hochtor dans l'indifférence de la faune locale

Par la fenêtre de la chambre, nous apercevons le massif du Grossglockner, dommage, ça semble être couvert. Il faudrait que ça se lève pour demain. Le gite est très bien, et le patron qui maitrise quelques bases de français veut absolument nous parler dans notre langue, sympathique attention à notre égard. Une bonne nuit de sommeil et nous irons voir le Hochtor de plus près demain.

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