Dark Side of Myself

By Saturnin

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Paris - Brest - Paris 2015

Final et bilan de ce Paris-Brest-Paris

Envoyer Imprimer PDF

Après nous être congratulés, il va falloir aller pointer. C'est sur le chemin du vélodrome que nous croisons Miguel, Bugs et leurs collègues. Ils s'apprêtent à repartir à l'hôtel. Là encore, on se félicite. Je suis surpris de voir un prolongateur sur le vélo de Miguel, car ils sont censés être interdit par le règlement. Il me confirme qu'il a pris une pénalité en temps pour cela. Vu la marge qu'il a sur le délai, ça ne prête pas à conséquence.

Pointage et restitution des carnets de route auprès des bénévoles de l'ACP. On rend aussi nos puces électroniques. On va pouvoir aller retrouver les copains, avec leurs maillots rouges de la TMV, ils sont faciles à repérer. Christophe, Robert, Franco et Lionel sont là. Lionel est en civil, il faut dire que cela fait presque 24h qu'il a terminé. Sans assistance, il a bouclé le parcours en 52h...

On se raconte nos parcours respectifs autour d'une bière. C'est gazeux pour éliminer le lactique, c'est diurétique pour éliminer les toxines, et c'est à base de céréales pour apporter de l'énergie, bref, la boisson parfaite (avec modération). C'est au fil de la discussion que l'on va s'apercevoir qu'Alain et moi connaissions Lionel depuis quelques années déjà, nous l'avions croisé rencontré sur le BCMF du Bugey en 2009, puis recroisé sur le BCMF du Vercors et le BRA la même année. A l'époque, il ne roulait pas beaucoup en vélo.

La bière ne nourrissant pas son homme, nous décidons de passer à table, mais auparavant, on aimerait bien se doucher. Lionel se propose de nous ramener nos affaires, nous acceptons. A la douche, je vais croiser Jean-Louis qui a eu lui aussi à subir le ronfleur de Fougères...

Le repas pris, il est temps d'aller se coucher. Vu les dernières informations que nous avons de Bruno et de Brigitte, nous ne pensons pas qu'ils arrivent dans la nuit, mais plutôt demain au (petit) matin. La tente dressée par les organisateurs est la bienvenue, même si cela manque de couverture. J'en prendrai une dans 4 ans...

La nuit sera bonne, tellement bonne que je n'entendrai pas mon téléphone pourtant à coté de mon oreille lorsque Bruno enverra un message pour nous avertir de sa prochaine arrivée. Du coup, je le rate. Par contre, avec la TMV, nous ne ratons pas l'arrivée de Brigitte. Une fois tout le monde arrivé, il sera temps de se séparer avec, déjà pour certains, l'édition 2019 dans un coin de la tête...

Le retour au camp de base à Auxerre sera l'occasion de quelques bons éclats de rire comme lors du changement de conducteur sur l'autoroute ou de la descente de la voiture à Auxerre. Aucun d'entre n'a pensé à prendre son déambulateur... Un voisin de mes parents, cycliste lui aussi, vient nous féliciter à notre arrivée. Mes parents nous ont attendus pour manger, et le repas se terminera par une coupe de champagne bue autour d'un Paris-Brest maison...

Celui-là, on l'a bien mérité !
Celui-là, on l'a bien mérité !

 

Saint-Quentin-en-Yvelines, nous voilà !

Envoyer Imprimer PDF

La pause n'aura pas été très longue et nous voilà rapidement prêt à repartir. Je profite du passage devant le stand mécanique pour demander s'il y a une clef Torx accessible. Cela fait presque 500km que je roule avec une vis de sellerie qui est desserrée. J'ai resserré à la main, et je le fais encore régulièrement, mais il faudrait mettre un petit coup de tournevis sur ma selle. Cela fait, nous pouvons repartir.

Ca monte un peu dans Dreux pour quitter la ville. Il y a un peu de circulation, mais ça reste supportable. Nous sommes rapidement hors de l'agglomération sur des petites routes tranquille. Tellement tranquille qu'on en viendrait presque à s'endormir.

La dernière étape !
La dernière étape !

 

On y va étape par étape : maintenant Dreux

Envoyer Imprimer PDF

Comme à Villaines-la-Juhel, Alain me rejoint au contrôle alors que je suis à table. Il décide de passer au médical pour se faire examiner. Il repartira avec les tendons pommadés et en ayant pris un doliprane pour finir la route. Il ne nous reste plus que 140km.

J'ai pris le temps d'appeler Jean-Jacques pour lui donner des nouvelles. On sent son enthousiasme au bout du fil, comme depuis le départ. Je repense au coup de fil qu'il m'avait passé juste avant le départ. Il y a 8 ans, il était avec nous dans le rôle de l'assistance, avec Rodolphe.

Nous repartons, mais le coup de pédale est un peu mou en ce début d'après-midi. Le Perche n'est pas plus plat qu'à l'aller. On est en train de se demander si on ne va pas s'arrêter pour piquer un somme. Je vois Alain bifurquer sur une route secondaire. Je l'interpelle, mais c'est juste par distraction qu'il s'était engagé sur cette route, il n'avait pas vu la flèche qui indiquait d'aller tout droit.

Ca commence à sentir bon !
Ca commence à sentir bon !

 

Lassitude et fatigue à l'approche du Perche

Envoyer Imprimer PDF

Je suis en train de manger quand Alain me rejoint. Christophe est dans les parages également. Alain et moi avons encore besoin de sommeil. J'ai fini de manger et me prépare à une petite sieste de 15 minutes quand le téléphone sonne. Il n'est même pas 7h du matin, mais JJ est déjà debout pour nous encourager. Il est à fond derrière nous, tellement qu'on en plaisante en se disant que s'il y a eu des problèmes sur le suivi c'est parce qu'il surchargeait les serveurs en rafraichissant trop la page.

Je décide de ne pas répondre pour gagner quelques précieuses minutes de sommeil. Je règle mon téléphone pour dormir 15 minutes environ et m'affale sur la table. Pas la meilleure position pour dormir, mais à force de dormir dans les trains lors de mes déplacements professionnels, ça reste ma position préférée quand je ne peux pas m'allonger. Alain lui est parti s'allonger sur un banc vers l'entrée de la salle.

Ce court sommeil aura été réparateur et nous voilà près à repartir, juste après avoir été racheté ce qui nous manquait en barres énergétiques pour tenir jusqu'au bout. On traine un peu, Christophe est parti un peu avant nous. On a entendu par les haut-parleurs du contrôle, le contrôle de Villaines-la-Juhel est vraiment les plus impressionnant de tous par son organisation, que seulement un peu plus de 1000 cyclos étaient arrivés.

Antépénultième étape...
Antépénultième étape...

 

Remise en route difficile dans la nuit...

Envoyer Imprimer PDF

Les murs tremblent, qu'est-ce qui se passe ? Des grognements, quelqu'un a lâché une bête (féroce) dans le dortoir ? Non, c'est juste le plus terrible ronfleur que je n'ai jamais entendu qui s'est mis en marche. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, mais je n'ai pas assez dormi, c'est sûr ! Un des occupants du dortoir essaye de siffler comme dans la grande vadrouille, je souris, mais, hélas, cela ne marche que dans les films. C'est à ce moment-là que je comprends pourquoi il n'y pas d'oreiller dans les dortoirs, c'est pour éviter que les ronfleurs ne soient étouffés dans leur sommeil par leurs compagnons de chambrées.

Finalement, la porte s'ouvre, on me secoue, je me lève en sursaut. Il est l'heure de se réveiller, le bénévole qui m'annonce l'heure me pose une question : « Tu as réussi à dormir avec ça ? », allusion au vacarme des ronflements. En sortant, je retrouve Alain qui fait des étirements depuis 30 minutes. Juste à côte de la porte, il y a un autre occupant du dortoir qui a préféré la lumière du couloir et le passage incessant au bruit des ronflements. Quelques temps après, je me suis fait la réflexion que nous avions été quand même très sympa avec ce gars qui nous a pourri notre nuit puisque personne n'a été le réveiller pour lui signaler qu'il ronflait. Trop bon trop con ?

Le temps de sommeil était censé être de 2h30, mais avec ces différents aléas, je n'ai du dormir qu'1h30, ça risque d'être un peu juste... Au réfectoire, on retrouve Benny, Christophe, mais aussi Franco et Robert. On discute et on prend des nouvelles. Première constatation : les chambres sont composées de manière uniforme, il y a un ronfleur dans chacune. Franco a un peu mal à dos, mais il ne reste que 300km, ça va passer. Robert qui lui est parti avec une douleur au pied a son médecin qui le contacte régulièrement pour prendre des nouvelles et donner des conseils, comme un pro !

Nous repartons à quelques minutes les uns des autres. A peine reparti, nous dépassons Robert et Franco qui font une pause pour se pommader. La mise en route est difficile comme après chaque longue pause, les muscles sont durs et la tendinite se fait bien sentir. Elle se fait d'autant plus sentir que la sortie de Fougères se fait par une longue côte.

C'est parti pour une étape toute en nocture
C'est parti pour une étape toute en nocture

 

En route pour la deuxième nuit de sommeil

Envoyer Imprimer PDF

Sur le contrôle, on a retrouvé Benny qui ne nous précédait pas de beaucoup. Christophe arrive peu après nous et nous nous retrouvons sur un banc pour un sandwich, des fruits secs et des boissons. Comme à l'aller, nous avons décidé de faire un vite sur ce contrôle, il y a seulement 50km jusque Fougères. La décision n'est pas encore prise pour la suite, mais il est probable que ce soit là que nous passerons la nuit.

On refait les bidons, on passe aux toilettes. Je passe voir sur le stand qui vend des produits énergétiques si je trouve des pates d'amendes nature, mais il n'y en a pas. Le couple qui tient le stand rappelle à l'ordre leur fils en bas âge qui faisait du bruit. Je leur suggère en rigolant de le louer à des cyclos qui ont peur de s'endormir en route, rien de tel que le bruit pour reste éveiller...

Nous repartons en direction de Fougères. Nous rejoignons rapidement Christophe avec qui nous allons rouler quelques kilomètres, le temps de rejoindre Jean-Louis. Nous allons donc rester tous les 4 quelques instants avant de reprendre notre rythme.

La 11ème étape qui nous conduit vers un dortoir à Fougères
La 11ème étape qui nous conduit vers un dortoir à Fougères

 

De Loudéac à Tinténiac au chaud dans un groupe

Envoyer Imprimer PDF

Nos galettes saucisses avalées, Alain propose de prolonger la pause pour se détendre un peu et faire quelques étirements. La pause est un peu plus longue que prévue, mais la récupération est aussi meilleure, toujours le délicat équilibre à trouver entre le temps passé sur les contrôles et ce que ces pauses peuvent apporter en fraicheur au final.

Nous repartons donc en direction de Tinténiac. Un tronçon beaucoup moins difficile que les deux que nous venons de parcourir. Ca tombe bien car la mise en route est difficile. Les muscles et tendon ont eu le temps de refroidir et je sens mon genou gauche. Lorsque je mets en danseuse, il y a un moment où la jambe gauche est censée appuyer pendant lequel j'ai une sensation de point mort, comme si aucune puissance n'était envoyée, c'est curieux comme sensation...

De Loudéac à Tinténiac
De Loudéac à Tinténiac

 

Derrière dernie pour aller chercher une galette-saucisse à Loudéac

Envoyer Imprimer PDF

Sur le contrôle, on a retrouvé Christophe et Bruno91. Il nous avait dépassés pendant notre pause café à Sizun. On discute un peu puis on retourne chacun près de nos montures pour repartir. Le tronçon à venir s'annonce compliqué, de Corlay à Loudéac, c'est moins difficile qu'à l'aller mais ça reste accidenté.

Au départ, les muscles sont encore durs, il va falloir que je m'y habitue, je me doute que ça va être comme ça jusqu'à l'arrivée. Nous avons pris les roues d'un petit groupe, pas mal d'italiens parmi eux. Cela ne va pas durer car le groupe va se disperser lors du contrôle secret de Maël-Carhaix, je suis surpris car nous ne sommes pas très loin du contrôle précédent, à peine une demi-heure que nous roulions.

Contrôle éclair pour Alain et moi et nous repartons. Un peu plus loin un cyclo nous rejoint, passe devant et donne le tempo. L'allure accélère nous sommes maintenant à un rythme qui n'a rien à envier à celui du départ de Saint-Quentin-en-Yvelines. On a trouvé une bonne moto pour nous emmener ! C'est presque une séance de derrière dernie qui nous attend.

Une galette-saucisse nous attend à l'arrivée à Loudéac
Une galette-saucisse nous attend à l'arrivée à Loudéac

 

Mais qui j'ai croisé à 6h30 du matin ?

Envoyer Imprimer PDF

La nuit de sommeil a fait du bien, un peu plus de 3h et nous voilà prêts à repartir en direction de Paris. Je me suis retrouvé tout seul dans une chambre, le grand luxe ! Au petit-déjeuner, on retrouve Christophe. Par contre, pas de traces de Bruno91.

On repart à travers Brest pour un tronçon qui ne s'annonce pas marrant. Il faudra repasser le Roc'h Trévezel, mais aussi la côte de Landerneau. Les jambes sont un peu dures et quelques tendons sont douloureux, le contrecoup du départ rapide d'il y a un peu moins de 36h.

En plus de ça, mon dérailleur semble décider à me jouer des tours, à deux ou trois reprises, je me retrouve coincé entre le deuxième et le troisième plateau. Cela me rappelle des mauvais souvenirs du TriRhena. Pour l'instant on n'en est pas encore là, je m'arrête, joue du dérailleur et ça repart, mais il faudra que je fasse examiner ça au prochain contrôle.

La 8ème étape, le début du retour...
La 8ème étape, le début du retour...

 

Cette nuit, on dort à Brest

Envoyer Imprimer PDF

Pendant que nous mangions, j'ai averti Céline et Roland que j'arriverais plus tard que prévu et qu'il pouvaient aller se coucher. Même message pour Yoann qui lui m'a répondu qu'il se couchait tard et me dit de le recontacter à notre arrivée. S'il n'est pas couché, il passera.

Après une bonne pause à Carhaix, nous repartons. L'avance dont nous disposions sur mon plan de marche, jusque 2h, a fondu sous l'effet de la fatigue qui commence à arriver après notre départ canon. L'allure a ralenti et nous avons allongé la durée des pauses. Il n'y a pas de quoi s'affoler pour le moment, nous sommes toujours dans les clous.

Au départ nous nous retrouvons avec 3 italiens, mais l'allure n'est pas très régulière et surtout un peu rapide. Du coup, nous les laissons filer, et puis cela permettra de rouler au calme.

La fin du parcours aller
La fin du parcours aller

 
  • «
  •  Début 
  •  Précédent 
  •  1 
  •  2 
  •  Suivant 
  •  Fin 
  • »


Page 1 sur 2