Paris-Brest-Paris : Loudéac - Tinténiac

Jeudi, 23 Août 2007 10:20 Saturnin A bicyclette - Paris - Brest - Paris 2007
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Trois heures après, il nous faut nous réveiller, et secouer Christophe qui est particulièrement difficile à réveiller, comme il me l’avait dit la veille. La pluie tombe à verse, mais c’est dans la plus totale indifférence à son égard que je sors du dortoir, contrairement à la veille.

Afin d’éviter la mésaventure de la veille, je me dirige directement au médical réclamer de quoi éviter de voir une deuxième fois mon petit-déjeuner et j’en profite pour me faire pommader les tendons d’Achille. En nous dirigeant vers le petit-déjeuner nous croisons Yann. Il a déraillé à plusieurs reprises et a perdu pas mal de temps de ce fait-là. A son arrivée, il a déposé son vélo chez le mécanicien pour réparation afin de pouvoir continuer sereinement le périple. Par contre, il n’a pas dormi, afin de ne pas nous manquer et pouvoir repartir en notre compagnie.

Nous passons à la voiture où Jean-Jacques et Rodolphe n’ont quasiment pas dormi, une nouvelle fois. Les nouvelles de Chrystel qu’ils nous donnent sont à nouveau bonnes, malgré un gros besoin de sommeil qui l’a fait s’arrêter dormir chez l’habitant.

Et nous voilà reparti pour une nouvelle journée sous la pluie. Yann, certainement épuisé par sa nouvelle nuit blanche, la deuxième en trois nuits, ne parvient pas à nous suivre plus de 10 km et nous voilà à nouveau Christophe et moi.

Nous trouvons un groupe qui roule à une allure comparable à la notre et profitons de leurs roues. Certains d’entre eux sont sans assistance, et sont contraint de composer avec des affaires humides. L’un d’eux fait donc sécher un maillot, malgré une pluie toujours vivace, en l’étendant sur son tube horizontal de cadre. Selon ses dires, c’est assez efficace, mais je dois admettre que je ne suis pas convaincu.

Le groupe va se séparer sous l’effet du second contrôle surprise (qui n’en était plus vraiment un puisque nous l’avions repéré dès l’aller), chacun prenant une pause plus ou moins longue à cette occasion. Avec Christophe nous ne trainons pas, nous nous fixons des délais pour chaque étape afin de ne pas gâcher les quelques heures de marge dont nous disposons.

Mes tendons me font souffrir, me voilà contraint de pédaler avec la cheville tendue pour ne pas trop les sentir. Je redoute le prochain contrôle et un éventuel passage au médical où l’on m’empêcherait de continuer. C’est la crainte qui me hante. Heureusement, une discussion avec un cyclo ayant souffert des mêmes maux que moi lors de l’édition précédente me rassure quant à leur gravité. Me voilà désormais convaincu qu’un passage au médical me sera profitable.

Avec Christophe, nous reparlons des longs kilomètres qui ont séparés Carhaix de Loudéac. J’évoque le cyclo pyrénéen grâce à qui j’ai pu éviter de sombrer dans le sommeil. Je me dis que je lui dois une fière chandelle, sans même avoir pu voir son visage ni même le remercier.

Le hasard faisant bien les choses, nous allons le retrouver quelques kilomètres plus loin au sein d’un groupe que nous rejoignons. J’aurais donc l’occasion de le remercier pour son aide précieuse.

Et nous arrivons, toujours sous la pluie, à Tinténiac.

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